Photo par Youssef Taghlaoui sur Unsplash
Explorez les médinas marocaines en toute sérénité grâce à ce guide pratique sur les arnaques courantes, les règles des taxis, les frais de photo et les conseils de sécurité.
Le Maroc est une destination sûre pour les voyageurs internationaux, un point c'est tout. Les crimes violents ciblant les touristes sont pour ainsi dire inexistants et l'hospitalité locale est authentique. Ce qui piège les débutants, ce n'est pas le danger, mais la sollicitation incessante dans les rues, les médinas labyrinthiques et les discussions sans fin avec les chauffeurs de taxi. Comprenez le fonctionnement de ces petites tactiques avant d'arriver, et vous éviterez de passer votre séjour agacé.
Inutile de marcher sur le qui-vive ou de traiter chaque habitant comme un escroc pour profiter de votre voyage. Prévoyez simplement quelques petites pièces de dirhams, apprenez comment agissent les rabatteurs et apprenez à dire non d'une voix calme et ferme.
1. Le faux guide et la technique de la « rue fermée »
Si vous arpentez les ruelles étroites de Fès el-Bali ou de Marrakech le téléphone à la main, quelqu'un interpellera presque à coup sûr votre attention. « Cette rue est fermée », vous dira-t-on. Ou peut-être « La mosquée est fermée aujourd'hui » ou encore « Les tanneries déménagent en ce moment même ».
Ce discours vise toujours l'un des deux objectifs suivants : soit on vous guide vers une boutique dont le vendeur verse une commission à votre interlocuteur, soit on vous enfonce dans un dédale jusqu'à ce que vous soyez totalement perdu, pour ensuite vous réclamer 50 à 200 MAD afin de vous ramener sur le droit chemin.
- Téléchargez des cartes hors-ligne comme Organic Maps ou Google Maps avant de pénétrer dans une médina. Le signal GPS saute entre les hauts murs de pierre, mais une carte téléchargée reste bien plus fiable que d'errer à l'aveugle.
- Si quelqu'un affirme qu'une route est barrée, faites-lui un signe de tête et continuez votre chemin. Dans quatre-vingt-quinze pour cent des cas, la rue est parfaitement dégagée.
- Regardez votre interlocuteur dans les yeux, posez une main sur votre cœur et dites « La, shukran » (arabe pour « Non, merci ») ou « Je connais le chemin ». Dites-le calmement et continuez à avancer.
2. Les règles des taxis : petits taxis vs grands taxis
Les taxis déroutent la quasi-totalité des visiteurs au premier abord. Les villes marocaines disposent de deux systèmes de transport distincts : les petits taxis (petites berlines limitées aux frontières de la ville) et les grands taxis (des véhicules plus grands ou des monospaces servant aux liaisons interurbaines ou vers la périphérie).
Petits taxis (trajets urbains)
Les chauffeurs de petits taxis ont l'obligation légale de mettre le compteur en marche. Une course classique à travers Marrakech, Fès ou Rabat devrait vous coûter entre 12 et 30 MAD. Le soir, généralement à partir de 20h00 ou 21h00, les chauffeurs appliquent une majoration légale de 50 % sur le tarif affiché.
- Assurez-vous que le chauffeur enclenche le compteur avant de démarrer. S'il est éteint, désignez-le du doigt et demandez poliment : « Le compteur, s'il vous plaît ».
- Si un chauffeur refuse catégoriquement d'utiliser le compteur près des zones très touristiques comme Jemaa el-Fna ou la gare de Marrakech, marchez 50 mètres plus loin et halez un taxi en circulation.
- Les chauffeurs postés autour des places principales à Marrakech insistent souvent sur des forfaits fixes, préparez-vous donc à négocier. Un tarif honnête pour traverser le centre-ville en journée se situe entre 30 et 50 MAD maximum, peu importe s'ils commencent par vous en demander 150.
Grands taxis (partagés ou privés pour l'interurbain)
Les grands taxis suivent des itinéraires fixes. Acheter une seule place signifie partager le véhicule avec un maximum de cinq autres passagers à un tarif fixe par personne. Si vous souhaitez privatiser la voiture, vous devez acheter les six places. Mettez-vous d'accord sur le prix final et vérifiez s'il s'agit d'un trajet partagé ou privé avant de jeter vos bagages dans le coffre.
3. Tatoueurs au henné et artistes de la place
Promenez-vous sur la place Jemaa el-Fna à Marrakech et vous ferez face à un véritable défilé de charmeurs de serpents, dresseurs de singes, musiciens et peintues au henné. La technique classique des artistes au henné consiste à vous attraper la main d'un air amical et à y appliquer de la teinture avant même d'avoir abordé la question financière.
Une communication claire dès le départ évite 90 % des tracas en voyage au Maroc. Ne prenez aucune photo, n'acceptez aucun service et ne montez dans aucun taxi sans compteur avant d'avoir fixé le prix.
Guide local de la médina
- Retirez votre main brusquement et dites « Non » si vous ne voulez pas de henné. Si vous souhaitez réellement un motif, mettez-vous d'accord sur le dessin et le tarif au préalable (comptez entre 50 et 100 MAD pour une main) avant que la moindre teinture ne touche votre peau.
- Prenez un charmeur de serpent, un musicien ou un vendeur d'eau en photo, et ils s'attendront immédiatement à être payés. Une somme de 10 à 20 MAD suffit amplement pour un cliché rapide, alors ne cédez pas aux intimidations vous réclamant 200 MAD.
- Évitez totalement le « henné noir ». Il contient fréquemment des colorants chimiques toxiques comme la PPD qui provoquent de graves réactions cutanées. Restez strictement sur du henné rouge ou brun naturel à base de plantes.
4. Gestion du cash et arnaques à la monnaie
Le Maroc reste une économie largement axée sur l'argent liquide pour les dépenses du quotidien comme les courses en taxi, les cafés, les snacks de rue et les échoppes des souks. Les distributeurs automatiques délivrent régulièrement des billets de 200 MAD, mais les petits commerçants disposent rarement de suffisamment de monnaie pour faire l'appoint.
Faites l'appoint de vos gros billets de 200 MAD dans les supermarchés, à la réception des hôtels ou dans les restaurants assis dès que vous le pouvez. Gardez des coupures de 10, 20 et 50 MAD ainsi que des pièces de 5 et 10 MAD dans une poche séparée de votre portefeuille. Réglez une course de taxi à 15 MAD avec le montant exact, et vous éviterez d'entendre le chauffeur prétendre qu'il n'a pas de monnaie sur un billet plus important.
5. Sécurité réelle vs inconfort dans la médina
Apprenez à faire la distinction entre une menace réelle pour votre sécurité et un simple sentiment de malaise. Emprunter une ruelle mal éclairée de la médina à 23h00 peut paraître angoissant entre ces hauts murs de pierre, mais les agressions physiques y sont rares. Votre plus gros risque concret reste de vous perdre ou de croiser un jeune du coin proposant de vous guider vers la sortie contre rémunération.
Les femmes voyageant seules feront probablement face à des interpellations et des salutations insistantes. Marchez d'un pas décidé vers une destination précise, portez des lunettes de soleil, ignorez totalement les remarques déplacées et entrez dans une boutique ou un café si quelqu'un refuse de vous lâcher la grappe.
Préparer un voyage sans stress
Voyager au Maroc sans perdre son sang-froid est avant tout une question de préparation. Apprenez les tarifs corrects des taxis, les us et coutumes en matière de pourboire et la géographie des médinas avant votre arrivée, afin de pouvoir vous concentrer sur la formidable chaleur humaine et la culture du pays au lieu de vous disputer sans cesse pour des dirhams.
Si vous élaborez un itinéraire sur mesure, des services comme TopInMorocco s'appuient sur une intelligence artificielle conçue aux côtés de guides locaux pour vous mettre en relation avec des hôtes de confiance, des riads authentiques et des transferts sans encombre à travers tout le pays.